Chaque sénateur de province reçoit 1 500 € par mois pour se loger à Paris. Multipliez par trois cents sénateurs concernés : cela représente plus de 5 millions d'euros par an versés en avances d'hébergement, sans que l'État ne conserve le moindre actif en retour.
Ce n'est pas un scandale. C'est simplement une mauvaise gestion.
Pendant des décennies, le Sénat a possédé des appartements près du Palais du Luxembourg — parfois des 180 ou 250 m², loués à prix dérisoire à des fonctionnaires. C'était inéquitable. En réaction, l'institution les a tous vendus entre 2007 et 2014, au nom de la vertu républicaine. Résultat : elle verse aujourd'hui des millions en loyers sans rien posséder, dans l'un des marchés immobiliers les plus chers du monde.
Une solution de bon sens mériterait d'être étudiée : que le Sénat se dote d'un petit parc de logements sobres — des studios fonctionnels — attribués aux sénateurs de province pour la durée de leur mandat, rendus à l'institution à chaque renouvellement, gérés de façon entièrement transparente.
Ce n'est pas un privilège. C'est exactement ce que l'État fait pour ses préfets, ses ambassadeurs, ses magistrats. Une République qui gère bien ses deniers n'est pas une République qui dépense plus : c'est une République qui dépense mieux.
Je suis citoyen, et je regarde les choses simplement. Si nous demandons aux collectivités locales de rationaliser leurs budgets, nous devons être capables de montrer l'exemple.
Citoyen comme vous. Sénateur pour vous.